Pablo Garcia
Le combat ordinaire

28 janvier 2026 au 28 février 2026

Le titre de l’exposition, Le Combat ordinaire, est une référence directe à une série de bande dessinée écrite et réalisée par Manu Larcenet, en 4 tomes publiés entre 2003 et 2008 aux éditions Dargaud1. Au-delà du titre, presque un générique pour Pablo Garcia tant la question politique anime ses sujets, l’histoire de son héros ordinaire confronté à ses doutes et au refus de se soumettre aux injonctions sociales, contient les questionnements d’une génération à laquelle l’artiste pourrait s’identifier. Refus de la complaisance et de l’autorité, volonté de sens, nécessité du partage et de la cohérence sociale, autant de mantras transformés en objets poétiques, porteur d’un message universel. Pas de revendications, ni de slogans, la fumée seule devient le symptôme du feu qui couve, menaçante et fascinante.
L’exposition rassemblera une quinzaine d’œuvres récentes, peintures sur papier et formes en métal thermolaquées, qui toutes développent des formes issues de l’observation de ces fumées, le plus souvent dans des manifestations.
A partir du 31 janvier, des œuvres de Pablo Garcia seront visibles à l’entrée du MO.CO. — Gilles & John, pas mieux demain — et dans les collections du musée Fabre, à l’occasion de SOL, la biennale du territoire #3. Rappelons qu’une de ses œuvres a été récemment inaugurée dans le hall du théâtre de la Vignette à l’université Paul Valéry.
« Plutôt que de se concentrer sur une représentation de la rébellion, l’artiste choisit de focaliser son attention sur le pouvoir évocateur de la fumée. (…) En deux dimensions, celles-ci se déploient à travers des peintures à l’acrylique ou à l’encre de Chine, des aquarelles et des dessins au pastel. En trois dimensions, elles se déclinent en bas-reliefs faits de bois ou de métal à partir de dessins numériques, et plus récemment à l’aide d’une imprimante 3D. Le dénominateur commun de tous ces médiums repose sur la volute, le nuage, autrement dit une forme évanescente et énigmatique, qui en appelle tout autant aux fumigènes qu’à la nature. Deux dimensions distinctes qui se rejoignent peut-être sur le terrain de la poésie, celle d’une poétique de la révolte populaire. »2

Marqué par les récits de guerre, d’occupation et de résistance transmis par la mémoire familiale, l’univers de son travail est imprégné de la question de l’histoire et de la justice sociale. Il découvre dans les années 90, le hip-hop, avec M.C. Solaar, Suprême NTM, Ministère A.M.E.R., Assassin, et les films La Haine de Mathieu Kassovitz et Ma 6-t va crack-er de Jean-François Richet. Suivent les expériences du graffiti et de la techno. En 2003, il transpose un procédé emprunté à la musique électronique, le sampling, dans sa pratique plasticienne, en prélevant des échantillons sur le réel avant de les introduire dans une forme totalement réinventée.
En 2006, il fonde avec Nicolas Daubanes, le collectif Jourdepaye et mèneront plusieurs projets ensemble.
Les premiers travaux de Pablo Garcia ont consisté à explorer méthodiquement et physiquement des zones de paysage, des territoires témoins de l’histoire, en cherchant des correspondances et des interprétations – Reliefs terrestres, Saint-Chamas, 2019. Cette observation a donné lieu à des restitutions en dessin (A.W., 2012) et à des peintures murales (Paysages d’évènements, 2014, Lieu Commun, Toulouse ; Galerie Sator, Paris / Romainville, 2015) ou encore à des installations caractérisées par leur abstraction formelle.

Plus récemment, ce sont des objets emblématiques de la culture populaire, Voiture BMW 323i E25, bière 8.6 ou Nike AirMax, pour La BM du seigneur, Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, 2021 qui vont être minutieusement cités et en 2023 — L’amour et la violence, dans cette même Chartreuse. Dans la série de dessins, Gilles & John, 2022, Pablo Garcia a choisi de retenir des manifestations des gilets jaunes en 2019, non la violence des affrontements mais l’omniprésence de la fumée et des gaz lacrymogènes dont les formes restent associées métaphoriquement aux nuages et à leur permanence. Il ramène de la poésie dans une révolte intemporelle.
« Ma méthode de travail est la citation : aller chercher un évènement historique, factuel et le représenter sous un prisme contemporain, nous ramener à la permanence de l’Histoire. »

1Le premier tome a reçu le prix du meilleur album au festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2004 avant d’être adaptée au théâtre en 2012 par le metteur en scène Robert Sandoz puis au cinéma en 2015 par Laurent Tuel.
2Combat ordinaire, texte de Dr Gwendoline Corthier-Hardoin, Historienne de l’art et commissaire d’exposition, 2019

Pablo Garcia est né en 1983 à Ivry-sur-Seine, diplômé des Beaux-Arts de Montpellier en 2006 il vit et travaille dans le Gard. Ses œuvres sont présentes dans des collections et commandes publiques (FRAC Occitanie Montpellier, CC Sud-Hérault, Archives départementales de l’Hérault, Ministère de la Justice Toulouse…).

communiqué de presse