- - T. AKEMA, J-B. CARON, L. GILLI, E. MANIGAUD, A. VASSEUX
du 8 Septembre au 28 Octobre 2017

White Spirit

Inauguration du nouvel espace AL/MA - exposition qui réunit 5 artistes : 

Tjeerd ALKEMA

Jean-Baptiste CARON

Luca GILLI

Eric MANIGAUD

Arnaud VASSEUX

Vernissage le 8 septembre à partir de 18h

La galerie AL/MA ré-ouvre ses portes 5 rue du Plan du Palais à Montpellier, entre la rue Foch et la place de la Canourgue. Après plusieurs mois d’interruption, WHITE SPIRIT inaugure une nouvelle programmation en réunissant cinq artistes dont les oeuvres ont été rassemblées autour des sens multiples que pouvaient exprimer ces deux mots: White spirit.

Ce diluant souvent associé à l’usage de la peinture, paradoxalement n’est pas blanc, mais incolore, transparent tandis que le blanc est un champ chromatique caractérisé par une impression de forte luminosité, sans aucune teinte dominante. Un espace neutre, donc, sur lequel peut s’exprimer librement l’esprit, immatériel par essence. White spirit - blanc - au commencement, comme la page ou les murs, mais pas exactement.

Apparue au milieu du XIXe siècle, la " photographie spirite " allie deux croyances. D'une part, la foi dans des réalités surnaturelles invisibles à l'oeil nu et d'autre part la conviction que le médium photographique est à même de témoigner de ces mêmes réalités de façon objective. Dans les années 1860, William Howard Mumler, " photographe-médium " institue la pratique de la photographie spirite à New York, ouvrant la voie à nombreuses expériences réalisées par des pseudos scientifiques et beaucoup d’anonymes.

Le dessin d’Eric Manigaud révèle le cliché du 5 janvier 1913 représentant la médium Stanislawa P. photographiée par Albert Von Schrenck-Notzing crachant une forme ectoplasmique. Eric Manigaud, comme dans les séries précédentes, au-delà de la trace photographique, fait ressurgir la question du discernement de notre regard. Sauf que face à de telles images, le danger serait d’épouser la croyance de ceux qui les ont réalisées. Il ne s’agira donc pas ici de croire à ces images, mais plutôt de les transformer en objets d’histoire, c’est-à-dire en outil de compréhension des mécanismes humains ou photographiques qui sont en jeu dans ces curieuses expériences de photographie occulte dont l’intention était de manifester la survivance de l’esprit après la mort.

> D’autres dessins d’Eric Manigaud seront présentés à Drawing Room 017 à La Panacée du 13 au 17 septembre, vernissage le 13 septembre à 18h30.

En photographie, plus encore qu’en peinture, le blanc s’est opposé au noir, une trop forte luminosité « brûlant » l’image de manière irréversible. C’est pourtant la surexposition que Luca Gilli a choisie en photographiant des lieux inhabités (chantiers, espaces conven-tionnels et standardisés) révélant une infinité de textures de blanc - mat, brillant, lisse. Plâtre, ciment, peinture, plancher, autant de surfaces dématérialisées par l’éblouissement de la lumière. « Que cette entreprise de destruction par la lumière de l’espace perspectif traditionnel soit accomplie dans un lieu en construction n’est pas le moindre des paradoxes. Les images de chantier nous parlent le plus souvent d’histoire et de progrès. Bouleversant l’esthétique souvent rassurante qui est la leur – celle d’un espace en devenir qui porte en soi sa finitude et son achèvement futur – les vues de GILLI proposent un autre espace dans lequel irréalité et immatérialité se conjuguent et se confondent. Un espace où le blanc hygiénique d’une certaine architecture contemporaine se mue en un blanc transcendant, primordial. »1

Le mot esprit vient du latin « spiritus » qui signifie souffle, vent. Il faut se laisser guider par l’étymologie pour comprendre l’origine des oeuvres de Jean-Baptiste Caron et leur lien avec le titre de l’exposition. Dans la mesure du saisissable représente l’empreinte figée qu’un puissant courant d’air a creusée dans la cire blanche. Il en résulte une surface translucide et tourmentée. Avec un langage très minimal, Jean-Baptiste Caron révèle des situations dans lesquelles les principes physiques sont détournés. « La Part d’infini (2010-2012) est un ensemble de scultptures, composées de blocs de grès empilés les uns sur les autres, créant une impression d’équilibre instable. Dans cette tentative d’ériger une colonne sans fin à la manière de Brancusi, chaque élément subit la loi de la pesanteur à partir d’un protocole de chute. Il en résulte une tension entre deux forces opposées, celles de la pesanteur et de l’impesanteur, mais aussi une glorification de l’effondrement comme visée esthétique. »2

Régulièrement exposées par la Galerie AL/MA, les sculptures de Tjeerd Alkema sont définitivement blanches, parfois très légèrement grises. Ce n’est pas un choix, mais l’unique façon de révéler les intentions de l’artiste en permettant à la lumière de révéler les ombres et la complexité des contours de l’anamorphose. En nous invitant à faire le tour du volume pour pouvoir appréhender la forme de base (carré) et le processus de torsion qui la caractérise, somme d’un jeu de perspective dans lequel l’artiste excelle. De plus en plus complexes, elles donnent à voir et à comprendre un raisonnement qui doit autant aux mathématiques qu’à un certain sens du paradoxe, rebelle à la facilité et aux convenances.

Exposé simultanément au FRAC Occitanie Montpellier et au Musée Lattara cet été, Arnaud Vasseux présentera entre autres sculptures, Creux (2015) une petite concrétion de calcaire, pétrifiée entre ses mains – le temps à l’oeuvre. Le durée, la trace sont interrogées à travers des modes opératoires souvent complexes et invisibles, sans rien laisser paraître de l’énigme de leur apparition. Comme Tjeerd Alkema et Jean-Baptiste Carron, Arnaud Vasseux s’exprime avec une charte chromatique très réduite, laissant le plus souvent la surface de ses sculptures nue. En désignant cette toute petite oeuvre par le mot « creux », il fait référence au lexique technique du moulage, mais également à tout un espace naturel qui nous rappelle des temps immémoriaux.

1 : Quentin Bajac, conservateur en chef de la photographie au MoMA, in Blank, catalogue monographique, 2011, Panorbis editore

2 : Daria de Bauvais, commissaire au Palais de Tokyo, exposition Meltem, 2013

Communiqué de presse

 

Biographies :

Tjeerd ALKEMA est né en 1942 à Harlingen (Pays-Bas), il vit et travaille à Nîmes. Formé à l’Ecole des Beaux-Arts de La Haye, puis à celle de Montpellier, il a orienté progressivement ses recherches vers des créations monumentales en utilisant un procédé que l’on pourrait assimiler, en simplifiant, à celui de l’anamorphose. En imprimant à ses volumes, des rotations déformantes, selon de strictes règles de perspective, il multiplie les angles de vue et les possibilités d’interprétation du regardeur. Si l’anamorphose joue sur les illusions de la perception, les perspectives construites par Tjeerd Alkema ont chacune leur nécessité. Son travail est exposé régulièrement à la Galerie AL/MA et au Frac Occitanie, la Galerie Conny van Kasteel à Egmond aan Zee (Pays- Bas), au L.A.C. à Sigean.

Jean-Baptiste CARON est né en 1983. Il vit et travaille actuellement à Paris. Utilisant la part de poésie qui se trouve dans chaque objet, Jean-Baptiste Caron transfigure le banal pour faire oeuvre. À partir d’objets parfois insignifiants, d’éléments simples (poussière, béton, courant d’air, etc.), il détourne les lois de la nature. Avec un langage minimal, il repousse sans cesse les limites entre magie et réalité. Il est diplômé en 2010 de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. En 2012, il participe au salon Jeune Création à Paris et reçoit le Prix Boesner. En 2013, il est invité par Daria de Beauvais et Catherine Strasser pour l’exposition collective « Meltem » au Palais de Tokyo. La même année, il participe à l’exposition « Nuage » dans le cadre de Marseille Provence 2013 au Musée Réattu à Arles puis au château de Roeulx en Belgique (Clouds). Il est représenté par la galerie 22,48 m2, Paris.

Luca GILLI est né en 1965. Il vit et travaille à Cavriago en Italie. Après des études de Sciences naturelles à l'université de Parme, il se dédie complètement à la photographie et expose les premières en 2004-2005 auprès d'institutions publiques italiennes. En 2011, il participe au circuit de "Photographie Européenne" de Reggio Emilia, ainsi qu'aux "Rencontres de la photographie" d'Arles, en 2017, Le corridor, Arles. En 2013, il participe à "Lille Art Fair". En 2014 à MIA Milan Image Art Fair il gagne le prestigieux prix BNL Gruppo BNP Paribas. Ses photographies font partie de collections privées et de musées de la photographie et d’art contemporain italiens et européens comme : la Bibliothèque Nationale de France de Paris, le Musée de la Photographie de Charleroi, la Kunstbibliothek de Berlin, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, le Musée Réattu d’Arles, l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, le Thessaloniki Museum of Photography, la Galerie Civique de Modena.

Eric MANIGAUD est né en 1971 en France. Il vit et travaille à Saint-Etienne. Agrégé d’arts plastiques, Eric Manigaud dessine, à partir de photographies, des oeuvres de grand format extrêmement précises en s'attachant en particulier à reproduire des images des débuts de la photographie scientifique (photos de scènes de crime, de missions d'exploration en Afrique, de la 1ère Guerre mondiale). Il expose régulièrement son travail depuis 2003 en France (Frac Haute-Normandie, Musée d’Art moderne de Saint-Etienne, Musée Louis Senlecq ...) et à l’étranger (Saatchi Gallery à Londres, Kunstalle de Göppingen en Allemagne, Galerie d’Art Moderne de Sarajevo, Stedelijk Museum de Stad Aalst en Belgique, Academia d’Ungheria Palazzo Falconieri à Rome, Museum of Art à Mannyun-dong Seo-gu Daejeon en Corée). Il est représenté par la galerie Vincent Sator, Paris.

Arnaud VASSEUX est né en 1969, à Lyon. Il vit et travaille à Marseille. Diplômé de l’ENSBA de Paris, il enseigne le volume et la sculpture à l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes depuis 2006. Dans sa pratique, il donne une place déterminante à l’approche et à la manipulation des matériaux dans l’élaboration du sens. Préférant les matériaux qui traversent plusieurs états comme le plâtre, la résine, la cire ou le verre, il en interroge la nature et fait advenir des formes qui combinent fragilité, instabilité et résistance. Son travail met en jeu les notions d’espace, de temps et de lieu par l’exploration des possibilités issues des techniques du moulage et de l’empreinte. Il a exposé dans de nombreux lieux: Galerie AL/MA, Montpellier, le Frac Occitanie, le Musée Lattara (Lattes), la galerie Particulière, Bruxelles (Belgique), White project, Paris, le Centre Richebois de Marseille, La Tôlerie à Clermont-Ferrand, la Galerie 65 au Havre, Le BILD à Dignes-Les-Bains, la Villa Arson à Nice, etc.

 


 

5 rue du Plan du Palais - Montpellier    Localisation (carte)

Accès :

Parking Foch, Tram ligne 4 arrêt "Peyrou-Arc de Triomphe" ou ligne 1 et 2 arrêt "Comédie".